Culture

Richard Clayderman poursuit sa carrière musicale en Chine sur le «nuage»
By SUN XUAN | Dialogue Chine-France | Updated: 2022-01-05 17:36:00
 
Richard Clayderman
 
« Dès mes premiers voyages en Chine, je me suis intéressé à la musique chinoise… Les 5 000 années de culture chinoise ont permis à ce pays de composer des œuvres musicales exceptionnelles que j’aime arranger sur mon piano et jouer sur scène », déclare Richard Clayderman, le « prince du piano ».

 

Début 2020, un clip vidéo a fait le buzz en Chine : Clayderman y joue Hedwig’s Theme, le thème principal de Harry Potter, à l’occasion de la soirée de réveillon du Nouvel An. Un événement organisé par Bilibili, un site de vidéo très populaire auprès des jeunes Chinois. Cette mélodie classique a redonné du lustre à sa réputation en Chine où il est connu depuis près de 30 ans, donnant en même temps le coup d’envoi de sa carrière sur le « nuage ».

 

Ses mélodies sont arrivées en Chine à la fin des années 1980. Avec la politique de réforme et d’ouverture, le niveau de vie des Chinois augmentait et la soif de culture gagnait le pays. Ballade pour Adeline, A comme amour, Mariage d’amour… ces œuvres si romantiques sont arrivées au moment idéal. On pouvait trouver ses enregistrements sur des cassettes dans pratiquement toutes les familles. C’est en 1992 que Richard Clayderman a posé le pied sur le sol chinois en collaboration avec la CICAC (China International Culture & Arts, une agence artistique) et donné son premier concert en Chine.

 

« Ni la présidente de la CICAC ni mon manager, et moi encore moins, n’aurions pu imaginer que tant de gens connaîtraient bon nombre des titres que j’allais interpréter ce 28 mars 1992 », se souvient-il en s’émerveillant de l’engouement du public chinois. « Nous étions bien loin aussi d’être en mesure de prévoir que dans les 30 années qui allaient suivre, j’allais donner plus de 400 concerts dans les principales villes de Chine. »

 

Si ces concerts lui ont apporté un grand succès, sa représentation sur Bilibili début 2020 lui a ouvert les portes du monde virtuel. Il a créé un compte officiel sur les autres principales plateformes interactives comme Douyin, Zhihu, Xiaohongshu, où il partage désormais sa passion pour le piano avec ses admirateurs.
 
Richard Clayderman lors d’une représentation à Nanning (Guangxi), le 12 janvier 2017.

 

La même année, la pandémie de COVID-19 se propageant rapidement, les concerts prévus en Chine ont été annulés. « Mais de temps en temps, je souhaitais enregistrer un message pour mes amis chinois et leur jouer un ou deux thèmes qui leur vont droit au cœur », précise-t-il. Par exemple, en février 2020 alors que la lutte contre la pandémie battait son plein, son compte officiel a diffusé une vidéo pour exprimer son soutien. « Je suis sûr que vos autorités mettent tout en œuvre pour éradiquer ce grave problème. De tout mon cœur et de toutes mes forces, je souhaite le plus grand des courages à toutes les personnes qui ont été touchées de près comme de loin par ce virus. Prenez soin de vous et à très vite ! Bon courage ! » Pendant les mois qui ont suivi, deux vidéos ont été mises en ligne dans lesquelles il joue You Raise Me Up et We Are The World pour exprimer sa solidarité. Il a aussi interprété des musiques chinoises qu’il a partagées pour la fête du Printemps et la Fête nationale.

 

Si la musique adoucit les mœurs, elle donne aussi de la profondeur aux émotions malgré la distance qui sépare les deux pays. « Je suis sensible à la beauté des musiques que les compositeurs chinois ont su créer au fil des années », confie l’artiste. Selon lui, la musique est un langage en soi et tout le monde se comprend en écoutant de belles mélodies. C’est peut-être aussi le secret de sa réussite. « Ma chance, c’est que beaucoup de gens qui m’écoutent ressentent des émotions très similaires à celles que j’éprouve. »

 

Quant aux vidéos sur son compte officiel, elles sont le fruit de la collaboration de ses équipes en Chine et en France. Li Yun, son agente à la CICAC, a remarqué qu’après environ 30 années de coopération, les deux équipes peuvent travailler ensemble en toute confiance, la partie française étant très ouverte aux propositions et aux conseils de son homologue chinoise. « Très gentil et très arrangeant, Richard Clayderman a eu de la chance de faire de sa passion son métier. Il ne connaissait pas la Chine au début, mais après trois décennies, il comprend davantage ce pays dont il est tombé amoureux », précise cette amie de longue date.

 

« Quand j’étais à l’école, mes professeurs d’histoire disaient qu’il y avait en Chine de terribles famines qui faisaient mourir des millions de gens... », se souvient-il. « Aujourd’hui, le niveau de vie des Chinois est souvent supérieur à celui des Français… Je me réjouis que ces famines soient oubliées. »

 

Témoin du développement de la Chine au cours de ces 30 dernières années, ce pianiste parisien accorde une attention particulière à l’environnement et à l’atmosphère artistique en Chine. « J’en profite pour féliciter le gouvernement chinois pour avoir non seulement su doter le pays d’un grand nombre de biens d’équipements, mais aussi pour avoir fait édifier de nombreuses salles de concert dont l’acoustique, l’esthétique, l’élégance et le confort font tout particulièrement mon admiration. »

  

*SUN XUAN est journaliste à Beijing Information.

 

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