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Yunnan:la protection de la biodiversité par la coopération internationale
By LI MAOBIAO et YANG YUMING | Dialogue Chine-France | Updated: 2021-10-08 15:43:00

Le Yunnan abrite ou avoisine trois des 36 points chauds de la biodiversité mondiale : régions montagneuses de la Chine du Sud-Ouest, Himalaya orientale et zone indo-myanmar. On y trouve plus de la moitié des espèces animales et végétales du pays, et avec 2 721 espèces végétales et 351 espèces animales endémiques, la province possède la plus grande biodiversité de Chine. 

Le personnel de Lijiang (Yunnan) effectue des travaux de surveillance de la biodiversité
dans le Parc national des Monts Laojun, le 10 avril 2014.
 

Depuis les années 1990, le Yunnan s’est lancé dans la coopération intergouvernementale multilatérale et bilatérale, ainsi qu’avec des agences internationales et des ONG dans la conservation de la biodiversité et l’édification écologique, et a joué un rôle actif en introduisant et en diffusant de nouveaux concepts, de nouvelles techniques, ainsi qu’en formant des professionnels dans ce domaine. 

Des engagements tenus 

Afin de participer à la protection et à la gouvernance de la biodiversité mondiale, le gouvernement chinois a successivement rejoint la Convention sur la diversité biologique, la Convention du patrimoine mondial, la Convention internationale des zones humides et le Programme sur l’homme et la biosphère de l’UNESCO, qui visent à protéger la biodiversité et garantir l’utilisation durable des ressources. 

Des enfants participent à la formation « Petit assistant de la Terre » sous l’égide
de TNC et de partenaires à Lijiang (Yunnan), le 11 avril 2014.
 

Le Yunnan a tenu ses engagements dans l’application de la Convention sur la diversité biologique. Jusqu’à présent, la province a créé les Aires protégées des trois fleuves parallèles, le Karst de Shilin et le Site fossilifère de Chengjiang, tous inscrits sur la Liste du patrimoine naturel mondial ; le lac de Napa à Diqing, le lac de Bita, le lac de Lashi à Lijiang et Dashanbao à Zhaotong, quatre sites d’importance internationale ; et les zones humides et les réserves naturelles « Homme et biosphère » évaluées par l’UNESCO, comme Xishuangbanna et les monts Gaoligong. Les mécanismes de gestion et le personnel technique à tous les niveaux ont été pleinement intégrés au niveau mondial en termes de politiques, de techniques et de gestion des aires protégées. Ils ont été améliorés dans les zones concernées, jouant un rôle de catalyseur dans la protection in situ de la biodiversité d’une « valeur universelle exceptionnelle », dans la diversité culturelle et dans la participation des communautés. 

Une coopération transfrontalière réussie 

De 1990 à 2010, grâce au soutien et à la coordination du gouvernement chinois, le Yunnan a mis en œuvre le Projet de protection et de restauration des forêts tropicales de Xishuangbanna au Yunnan avec l’assistance de l’Agence allemande de coopération technique (GTZ), ainsi que le Projet de coopération sino-allemande pour la reforestation du Yunnan (phases I et II) (1995-2005), pour lequel le gouvernement allemand a alloué une aide à titre gratuit de 24 millions de marks ; le Projet de protection des forêts et de développement communautaire du Yunnan (FCCDP) a bénéficié d’une aide à titre gratuit de 18 millions de dollars du gouvernement néerlandais pour la période 1998-2002 et l’Administration forestière d’État a emprunté auprès de la Banque mondiale pour le Projet de gestion des terres protégées pour le développement durable des forêts (2004-2008) ; et le Corridor de conservation de la biodiversité du projet environnemental de base de la sous-région du Grand Mékong (CEP-BCI) a été financé en 2005 conjointement par la Banque asiatique de développement, les gouvernements néerlandais et suédois et le Projet du Fonds de coopération pour la réduction de la pauvreté. 

En 1992, le district de Mengla (Yunnan) et six districts voisins du Laos ont signé l’Accord sur la prévention conjointe des incendies de forêt dans la zone frontalière Chine-Laos ; en 2009, le Bureau de gestion de la réserve naturelle nationale du Xishuangbanna a signé l’Accord transfrontalier Chine-Laos de coopération pour un projet de zone protégée afin d’établir une zone de protection transfrontalière conjointe de la biodiversité de Shangyong (Xishuangbanna) et Namtha (Laos). En 2012, il a signé un accord de coopération avec les provinces de Phongsaly et d’Oudomxay (Laos) pour étendre cette zone, de sorte que sa superficie totale s’étend sur plus de 200 000 hectares, constituant une solide garantie pour la migration transfrontalière d’espèces animales sauvages comme les éléphants d’Asie. 

Les organisations internationales accordent leur soutien 

Depuis les années 1990, le Yunnan coopère avec des ONG comme la Fondation pour l’environnement mondial (FEM), le Fonds mondial pour la nature (Chine) (WWF, Chine), The Nature Conservancy (TNC), et Conservation International (CI) pour développer le projet d’écosystème de forêt tropicale humide de Xishuangbanna ainsi que les projets de protection des espèces rares en voie d’extinction comme l’éléphant d’Asie, mais aussi la construction du Parc national des trois fleuves parallèles, la planification de l’adaptation des aires protégées, le renforcement des capacités de gestion de la protection et la formation pratique aux techniques de subsistance des communautés. À mentionner aussi la gestion des zones protégées et le développement des communautés avec le projet de protection de la biodiversité des monts Gaoligong et des monts enneigés de Baima. Parmi eux, TNC et le gouvernement provincial du Yunnan ont signé un accord de coopération stratégique (1998) pour le projet des Aires protégées des trois fleuves parallèles dans le nord-ouest du Yunnan. 

En outre, le Yunnan a promulgué le Règlements sur la gestion des parcs nationaux, le premier du genre en Chine, ainsi que des mesures de gestion des parcs nationaux et des normes de construction, créant le « modèle de parc national du Yunnan », qui offre une expérience précieuse sur le plan institutionnel et peut être reproduite et diffusée. 

Ces dernières années, le Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD) coopère avec l’Académie chinoise des sciences et d’autres institutions nationales pour mener à bien le projet de protection des paysages de l’Himalaya extrême-orientale (HI-LIFE), encourageant la coopération transfrontalière et le dialogue politique entre le Yunnan et les pays voisins comme l’Inde et le Myanmar, une initiative saluée par les Nations Unies. 

Un exemple dans la conservation mondiale 

Tout en introduisant des théories et des pratiques techniques avancées de l’étranger, le Yunnan attache également une grande importance à la diffusion de ses pratiques de protection réussies aux pays voisins, voire à l’Amérique du Sud et à l’Afrique où le climat et la richesse de la biodiversité sont comparables. 

L’Organisation forestière Asie-Pacifique (APFNet), sous l’égide du gouvernement chinois, compte plus de 30 États membres dans la région Asie-Pacifique et en Amérique du Sud. Kunming, chef-lieu du Yunnan, est sa base de démonstration et de formation. Elle organise de nombreuses activités de coopération et d’échanges dans la protection et la gestion durable des ressources forestières tropicales, ainsi que sur les moyens de subsistance alternatifs des communautés. Le Yunnan a établi des centres de formation et de conseil et d’information à l’Université forestière du Sud-Ouest et à l’Académie des sciences des forêts et des prairies du Yunnan à près de 5 000 fonctionnaires et techniciens agricoles et forestiers venant des pays membres. 

Nouvelles espèces de callosum birman (biermannia burmanica) découvertes par le groupe de recherche sur la biodiversité et la conservation de la flore du Centre de recherche sur la biodiversité d’Asie du Sud-Est de l’Académie chinoise des sciences. 

Le Yunnan a également fourni des services de formation et d’orientation techniques concernant les travaux de restauration écologique aux entreprises à capitaux chinois dans des pays riverains de « la Ceinture et la Route » comme le Laos, le Cambodge, le Myanmar, le Bangladesh, le Népal, le Rwanda, le Mozambique, l’Ouganda, le Brésil, l’Équateur, le Pérou et le Chili, de la sensibilisation à la protection de l’environnement, la formation et l’orientation des techniques de restauration écologique, jusqu’à l’établissement de bases de démonstration. 

En 2016, l’Académie chinoise des sciences a intégré ses propres capacités de recherche scientifique de haut niveau en Asie du Sud-Est et a créé le Centre de recherche pour la biodiversité d’Asie du Sud-Est au Myanmar, prenant pour modèle le Parc botanique tropical de Xishuangbanna. Ses efforts dans la protection et la restauration de l’environnement écologique et dans le développement des moyens de subsistance des communautés ont été très appréciés par les gouvernements de nombreux pays.  

*LI MAOBIAO est professeur agrégé, Institut de la biodiversité au Yunnan de l’Université forestière du Sud-Ouest et YANG YUMING est professeur à l’Académie des sciences des forêts et des prairies du Yunnan 

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