Monde

Une clé pour relever le défi de la crise climatique
By GUILLAUME MILLO | Dialogue Chine-France | Updated: 2022-01-14 16:08:00

La COP26 vient de se terminer. Une nouvelle fois, l’humanité doit affronter une multitude de défis pour limiter la hausse des températures et protéger la biodiversité de notre planète. 

Parmi les secteurs jouant un rôle clé dans la crise du réchauffement climatique, la construction est au premier plan. De nos jours, 10 % des rejets de gaz à effet de serre sont directement liés à la fabrication du béton et de l’acier, principaux matériaux utilisés pour la construction neuve. 

CopenHill, à Copenhague, est une montagne urbaine placée au sommet d’une usine de valorisation
énergétique des déchets, qui produit une énergie respectueuse de l’environnement avec la technologie la plus récente.
 

En 2021, nous sommes 7,8 milliards d’êtres humains sur Terre et certaines prévisions annoncent que nous atteindrons un pic de 11 milliards à l’horizon 2060. La pression sur les besoins en logements, en infrastructures et en énergie va s’accroître de façon exponentielle dans les prochaines décennies. Notre génération de constructeurs doit donc créer des ruptures technologiques dans les filières de fabrication des matériaux de construction et dans la manière de bâtir. 

Je porte un regard différent sur la situation. 

Je poursuis la mission de promouvoir la réhabilitation de bâtiments pour protéger les ressources de la planète, tout en transmettant le patrimoine mondial aux générations futures. 

La réhabilitation des bâtiments contient deux enjeux majeurs. 

Premièrement, j’ai pris conscience que la réhabilitation avait un rôle à jouer dans le défi immense qu’est la crise du réchauffement climatique. L’humanité a fondé l’économie de notre civilisation sur une logique d’extraction des ressources de la planète. Nous créons des biens et de l’énergie indispensables au fonctionnement de nos sociétés. Aujourd’hui, il est reconnu que cette activité globale augmente progressivement les températures à la surface de la Terre. Par exemple, sur la durée de vie totale d’un bâtiment neuf, 70 % des gaz à effet de serre sont rejetés au moment de sa construction. La réhabilitation est donc plus vertueuse. Nous utilisons un ouvrage déjà existant. Nous limitons l’impact sur la planète. Nous passons d’une logique d’extraction des ressources à une logique de recyclage. 

La société Skidmore, Owings & Merrill (SOM), basée à Chicago, a dévoilé
Urban Sequoia - un concept de tours vertes pouvant capturer 1 000 tonnes de CO2
par an, soit l’équivalent de 48 500 arbres - lors de la COP26 à Glasgow.
 

Deuxièmement, en réhabilitant un bien immobilier, nous accueillons dans le présent le cadeau des anciens. Nous œuvrons au rétablissement de ce patrimoine et nous le projetons dans un avenir enthousiasmant. Nous devenons des passeurs de temps. Ma conviction est que cette pratique joue un rôle social important, car elle est un trait d’union reliant les générations passées et futures. Détruire un bâtiment existant pour en construire un neuf, alors que le bâti peut être rénové, c’est effacer un bout de notre histoire. Bien entendu, nous sommes obligés de construire du neuf. La pression démographique et le besoin de développer nos territoires nous conduisent à ériger de nouvelles infrastructures et de nouveaux quartiers. Mais, dès que nous le pouvons, privilégier la réhabilitation à la construction neuve s’avère une pratique socialement responsable. 

En France, il existe aux alentours de 35 millions de logements, dont 7 millions de passoires thermiques. Lorsque nous savons que la construction neuve ne renouvelle que 1 % de ce parc immobilier chaque année, nous comprenons à quel point la réhabilitation de bâtiments est un levier de développement extraordinaire. Elle permet en plus d’améliorer les capacités énergétiques des constructions existantes. 

En 2021, j’ai décidé de créer la marque Rehearth. Elle regroupe l’ensemble des produits et services qui aident les porteurs de projet de réhabilitation à concrétiser leur vision. Le but de la marque est de développer une communauté de personnes qui pense et agit différemment. Des êtres humains désireux de protéger la planète, tout en contribuant à transmettre le patrimoine aux générations futures. 

La communauté écologique ultime du projet futuriste Living The Noom devrait être construit en 2022 à Cancun,
au Mexique, avec des composants recyclés qui minimiseront l’impact sur l’environnement.
 

Nous sommes un cabinet d’assistance à la maîtrise d’ouvrage et de conseils. Nous accompagnons les décideurs, les donneurs d’ordres, ceux que nous appelons couramment, en France, les maîtres d’ouvrage, de la phase conception à la réception clé en main de leur réhabilitation de bâtiments. 

J’ai également écrit un livre intitulé Comment réhabiliter votre bien immobilier, à destination des investisseurs institutionnels, des promoteurs privés, des bailleurs, des fonds d’investissement dans l’immobilier, ou des propriétaires de patrimoine. Le lecteur apprend à développer sa vision et à bâtir son projet, pour réussir la réhabilitation de son patrimoine avec un haut standard d’excellence. Il découvre comment recruter, piloter et manager ses partenaires, qu’ils soient architecte, bureau d’études ou entreprise, pour déléguer, tout en maîtrisant la partie opérationnelle. 

Je transmets également cette idée selon laquelle l’humanité doit retrouver l’esprit des anciens bâtisseurs. Ces êtres humains qui ont construit les pyramides en Égypte ou les cathédrales en Europe ont relevé des défis technologiques immenses pour leur époque. Ils étaient animés par ce que j’appelle une vision d’éternité. Une vision au-delà de leur propre existence. Ils recherchaient la postérité pour adresser une intention aux générations futures. J’estime que cet état d’esprit et ce mode de pensée sont indispensables à la survie de l’humanité face aux enjeux climatiques. Il ne s’agit pas de refaire ce qui a déjà été fait, mais plutôt de retrouver cette mentalité pour relever les défis de notre temps. Construire le monde de demain avec une vision d’éternité… 

Je rêve d’un monde plus responsable et plus conscient des enjeux de notre époque. Je rêve de transmettre à mes enfants et à tous les enfants de notre planète cette idée de prendre appui sur l’héritage de nos anciens, pour nous propulser vers un avenir exaltant. Un futur où le mot environnement n’est plus synonyme de crise et d’anxiété, mais de sécurité et d’harmonie.  

GUILLAUME MILLO • fondateur de Rehearth 

Numéro 9 juillet-septembre 2021
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