Société

Pour un partenariat bleu durable
By XIE XI | Dialogue Chine-France | Updated: 2022-11-22 20:14:00

Le 22 novembre 2022, le Dialogue Xiamen-Nice-Durban : Approfondir l’inspiration mutuelle des civilisations maritimes - Construire ensemble un bel avenir, organisé par le Groupe international de communication de Chine (CICG) et le gouvernement populaire municipal de Xiamen, s’est tenu à Xiamen et à Beijing, en ligne et sur place. Un certain nombre d’invités de premier plan de Chine, de France et d’Afrique du Sud ont participé à des séances de dialogue et de discussion pour partager les pratiques des trois villes dans la protection des océans et leur développement durable, et promouvoir la création d’un « partenariat océanique » ouvert, inclusif et gagnant-gagnant.   

Xie Xi, responsable du programme The Friends of Ocean Action (Chine) du Forum économique mondial, a participé au dialogue et prononcé un discours. Voici des extraits de son discours. 

 

Xie Xi  

Le 22 novembre 2022 s’est déroulé le forum du « Dialogue Xiamen-Nice-Durban : Approfondir l’inspiration mutuelle des civilisations maritimes – Construire ensemble un bel avenir ». J’ai eu le plaisir par le passé de séjourner à plusieurs reprises à Xiamen et à Nice, et si je ne suis jamais allé à Durban, j’ai effectué un séjour à Cape Town, en Afrique du Sud pendant une semaine. J’ai passé un merveilleux moment dans ces belles villes côtières qui m’ont impressionné. 

L’initiative The Ocean Action Agenda du Forum économique mondial vise à réunir et à tirer pleinement parti du pouvoir des dirigeants dans différents secteurs dans le monde pour promouvoir la coopération et les progrès sur les principaux problèmes océaniques, et faire éclore le potentiel des projets clés avec un grand impact pour atteindre l’objectif nº14 de développement durable des Nations Unies (Conserver et utiliser durablement les océans et les ressources marines pour le développement durable) et d’autres objectifs connexes. Nous nous appuyons pour cela sur The Friends of Ocean Action, une initiative mondiale lancée par l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies pour les affaires maritimes, Peter Thomson, et l’ancienne vice-première ministre suédoise, Isabella Lövin, lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos en janvier 2018, ainsi que sur les autres communautés du Forum, pour poursuivre la mobilisation en faveur d’une action océanique plus large. 

The Friends of Ocean Action comprend des dirigeants d’entreprises, de la société civile, d’organisations internationales et du domaine des sciences et technologies qui recherchent individuellement des solutions aux défis les plus urgents auxquels l’océan est confronté. Nous avons cinq objectifs principaux. Il s’agit d’avoir des océans résilients (promouvoir une gestion durable et équitable des océans), de créer des océans numériques, d’enrichir le stock de protéines océaniques (en élargissant et en enrichissant les stocks de poissons, en augmentant les pratiques d’aquaculture durable, en améliorant la sécurité alimentaire liée à l’alimentation bleue, à la nutrition et aux moyens de subsistance), d’accélérer l’innovation océanique et d’activer des financements en faveur des océans. 

Ces domaines d’action correspondent aux défis pressants auxquels les océans sont confrontés, et sont des orientations pour lesquelles nous appelons les différentes parties prenantes à travailler ensemble. 

Les villes côtières ont des avantages naturels uniques dans le transport maritime, la pêche et le tourisme côtier, et sont également des bénéficiaires directs des ressources marines et du développement économique lié à la mer. Mais cela signifie que si la détérioration continue et que la santé des océans entrave la prospérité et le développement, les villes côtières en seront les victimes les plus directement touchées. Les villes côtières se trouvent par conséquent dans une situation critique et joueront un rôle actif de premier plan dans les actions de protection de l’océan et d’utilisation durable des ressources marines. Pour ce faire, plusieurs aspects doivent être pris en compte. 

Premièrement, continuer à transformer l’économie de la mer en une économie bleue durable, et développer une économie bleue durable, et pas seulement une « économie de la mer ».  

Sur le plan du développement industriel, l’économie de la mer est encore à un stade de développement relativement précoce par rapport à l’économie terrestre, mais produit déjà des biens et des services d’une valeur d’environ 2 500 milliards de dollars par an. À l’horizon 2030, les prévisions montrent que de nombreux secteurs liés à l’océan ont le potentiel de dépasser la croissance économique mondiale globale en termes d’emploi et de valeur ajoutée brute. Face à un potentiel de développement aussi immense, il est nécessaire d’éviter les mauvaises pratiques – la consommation excessive de ressources, le fait de polluer puis dépolluer – et de se concentrer sur les éléments durables et bleus, telles que les énergies renouvelables, l’aquaculture durable, l’écotourisme marin ainsi que la gestion des déchets, et orienter la formulation des politiques et l’investissement en capital pour s’assurer que les secteurs connexes se développent dans la bonne direction. 

Deuxièmement, se concentrer sur la protection et la restauration des écosystèmes côtiers et intégrer systématiquement le concept de protection dans la planification et la construction en milieu urbain.  

Bien que nous observions davantage de progrès dans la conservation et la restauration, la planification et la construction urbaines sont dans la plupart des cas séparées de la protection de l’environnement écologique dans le monde réel en raison des contraintes en termes de connaissances professionnelles et d’attributions administratives. Si nous pouvons tenir compte de la valeur fournie par l’écosystème dans le développement urbain dès le début, nous éviterons des coûts plus élevés causés par la correction des erreurs, et en même temps, nous réduirons les coûts de construction. 

Troisièmement, renforcer les liens interdépartementaux et mobiliser le pouvoir des diverses parties prenantes pour participer à la gouvernance des océans.  

Une enquête a révélé que de tous les objectifs de développement durable des Nations Unies, l’objectif nº14 a reçu le moins d’investissements. Il est donc primordial de renforcer une coopération efficace entre les départements concernés, et en même temps, de mobiliser pleinement l’enthousiasme des différentes parties prenantes comme les organisations sociales et les institutions commerciales afin qu’elles puissent participer aux travaux de protection et de gouvernance de la mer. En matière d’équilibre entre la protection et le développement, il existe très peu de solutions toutes faites qui peuvent être reproduites, et toutes les parties doivent apporter leur contribution pour conjuguer la sagesse et les efforts de tous. 

Quatrièmement, renforcer les échanges culturels et créer des partenariats bleus ouverts, inclusifs, mutuellement bénéfiques et gagnant-gagnant.  

L’ouvrage Zizhi Tongjian (« Miroir général pour aider le gouvernement »), écrit il y a plus de 900 ans, mentionne l’idée qu’il faut « se servir avec mesure et utiliser avec parcimonie », un précepte en adéquation avec ce que nous appelons aujourd’hui le développement durable. Le gouvernement chinois a mis en avant l’initiative Partenariat bleu en 2017. Il s’agit de bâtir une communauté de destin pour l’humanité dans le domaine maritime, mais aussi de réaliser les objectifs de développement durable des Nations Unies. 

La gouvernance des océans est d’une importance mondiale, et ses solutions ne peuvent être trouvées que grâce à la coopération multilatérale et à la participation des nombreuses parties prenantes. Lors de la Conférence des Nations Unies sur les océans en 2022, avec le soutien du ministère chinois des Ressources naturelles, The Friends of Ocean Action du Forum économique mondial et la Fondation chinoise pour le développement des océans ont lancé conjointement le Réseau de partenariat bleu durable afin de procéder à des échanges d’informations, au partage de pratiques, d’idées et de conception de projets, de catalyser la coopération et de mener des actions durables sous l’égide du Partenariat bleu. 

  

Numéro 13 juillet-septembre 2022
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