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Ma vie sobre en carbone
By MA LI | Dialogue Chine-France | Updated: 2020-10-10 15:25:00

Le 15 mars 2020, des cyclistes circulent à l’extérieur de la Cité Interdite à Beijing.

   Je vis et travaille à Beijing depuis une dizaine d’années. Prendre le métro et le bus est toujours mon choix pour aller au bureau. Après le déclenchement de l’épidémie de COVID-19 au début de l’année, de nombreux amis m’ont conseillé d’acheter une voiture pour « jouir d’une plus grande sûreté et d’une plus grande commodité ». Mais j’ai finalement abandonné cette idée après mûre réflexion.

  Ces dernières années, je me suis efforcé de m’engager dans le principe du bas carbone par des actions concrètes. Ce qui me vaut souvent des railleries de mes amis, telles que : « tu te déplaces à pied », « tu n’as pas le temps pour aller au bar », « tu ne joues jamais aux jeux en ligne » ou encore « tu laves tes vêtements à la main en été ».

  Une rencontre inoubliable

  Le 4 juillet 2014, une activité d’initiation au cyclisme en présence de personnalités culturelles et sportives s’est tenue dans le Parc forestier olympique de Beijing. Elle visait à mettre en avant la civilisation écologique et le déplacement vert. En tant que journaliste invité, j’y ai moi aussi participé.

  Lors de l’activité, un cycliste pékinois âgé m’a raconté que toute la ville de Beijing était inondée de vélos il y a trente ans, et que la qualité de l’air était très bonne à cette époque-là. Au fur et à mesure du développement économique, les revenus des habitants ont augmenté, tandis que la ville est devenue une mer d’automobiles, encombrée d’embouteillages, et que la qualité de l’air s’est détériorée. Afin de sensibiliser les citadins à l’environnement et à la qualité de l’air, ce vieux monsieur participe souvent à des actions cyclistes d’intérêt public. Suivant son bon exemple, de nombreux amis ont commencé à se déplacer à vélo. « Adopter le déplacement vert et la vie bas carbone est bon pour tout le monde », a-t-il dit. Ses mots restent ancrés dans ma mémoire et ont beaucoup influencé mes idées et actions.

  Grâce à l’intensification des efforts de la Chine en matière de gouvernance environnementale, le concept de vie à faible empreinte carbone s’est progressivement implanté dans les esprits. Ces deux dernières années, la qualité de l’air s’est améliorée, le nombre de jours où l’on peut voir le ciel bleu a augmenté, et de plus en plus de gens préfèrent aujourd’hui se déplacer à vélo. C’est une très belle incarnation de ce qu’est la vie sobre en carbone. Lors de l’activité cycliste à laquelle j’ai participé, j’ai gagné un prix : un vélo de montagne, qui me porte encore aujourd’hui.

  Le tri des déchets

  Après le déclenchement de la pandémie de COVID-19, j’ai constaté que les habitudes d’hygiène des citoyens ont beaucoup changé. Aujourd’hui, le tri des ordures est devenu un comportement conscient dans beaucoup de communautés résidentielles à Beijing.

  J’ai l’habitude de séparer les déchets alimentaires et les déchets ménagers dans différents sacs depuis de nombreuses années, la mesure de tri appliquée depuis le mois de mai à Beijing est donc tout à fait logique pour moi. Cependant, pour ma famille et mes amis, ce n’est vraiment pas facile de classer les ordures à la maison.

  Pour des raisons de santé, ma mère doit porter une couche-culotte tous les jours, ce qui constitue une grande partie des déchets chez nous. Auparavant, mon père ne faisait pas attention au tri, jetant les couches-culottes usées et les déchets ménagers dans la même poubelle. Un jour, il a été interpellé par un travailleur communautaire devant la poubelle, car les couches-culottes doivent être jetées dans la poubelle « autres déchets ». Bien que mon père se soit senti honteux d’avoir été éduqué par un jeune, il a, dès lors, commencé à respecter sérieusement les normes de classification des ordures. Par ailleurs, il m’a expliqué l’une des mesures incitatives de la communauté résidentielle : chaque fois qu’il jette des ordures conformément aux normes de classification, il gagne automatiquement un point, et après avoir empoché un certain nombre de points, il peut échanger ceux-ci contre des marchandises dans le supermarché communautaire. Cette mesure a beaucoup stimulé l’enthousiasme des habitants par rapport au tri des déchets.

  À l’heure actuelle, Beijing produit environ 25 500 tonnes de déchets ménagers chaque jour (soit 1,1 kg par personne et par jour), et ce chiffre continue d’augmenter. Mener à bien le tri peut transformer les déchets en quelque chose d’utile, protéger l’environnement et réduire les coûts de traitement.

  Pas de gaspillage

  Selon un dicton chinois, « tout aliment, tout vêtement, aussi petit soit-il, est difficile à obtenir ». La Chine avait cette belle tradition de vénérer le labeur et l’économie, mais avec l’amélioration de la vie matérielle et l’accélération du rythme de vie, la consommation impulsive et le gaspillage constituent désormais un phénomène commun dans la vie quotidienne des gens.

  Ces dernières années, la Chine a préconisé un style de vie simple, modéré, vert et sobre en carbone, et s’est opposée au luxe, au gaspillage et à la consommation déraisonnable. Au mois d’août, le président chinois Xi Jinping a donné des instructions pour arrêter le gaspillage alimentaire, soulignant qu’il faut créer une atmosphère sociale où le gaspillage est honteux et l’économie est honorable.

  Dans quantité de restaurants, une initiative nommée « donner une assiette de fruits aux clients qui ne gaspillent pas de nourriture » a été lancée pour inciter à commander des plats de manière modérée. De plus, les cantines de beaucoup de sociétés et d’écoles ont adopté des mesures appropriées pour prévenir le gaspillage.

  Au fond, la vie sobre en carbone est affaire d’attitude. Avec de la volonté, tout le monde peut devenir un agent actif de la vie bas carbone.

 

  MA LI • membre de la rédaction

Numéro 3 septembre 2020
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