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La Terre, une maison à préserver
By CAROLINE BODY | Dialogue Chine-France | Updated: 2020-10-10 15:30:00

Le 21 mai 2020, des randonneuses prennent un selfie sur le Mondarrain, près d’Itxassou, dans le Pays Basque français.

   Nous ne choisissons pas le monde dans lequel nous naissons. Mais nous pouvons faire le choix de contribuer à améliorer celui que nous quitterons. Pourquoi devrions-nous nous soucier de l’environnement ? C’est une question absurde. Le respect et la défense de l’environnement devraient être des choses tout à fait naturelles, au même titre que l’égalité. La Terre est notre maison à tous, sans exception. Elle est un peu notre mère. Elle nous nourrit, elle nous hydrate et nous aide à survivre aux climats extrêmes. Pour le dire simplement, elle nous permet de vivre. Elle ne nous appartient pas.

  Pour ces raisons, l’exploitation démesurée des ressources naturelles n’est pas justifiée. Surtout pas lorsque cela détruit l’équilibre qui permet à toute la diversité du monde vivant de coexister en harmonie. Par ailleurs, la distribution des richesses qui en résulte est aujourd’hui inégale. Comment expliquer sinon tant de pauvreté et d’injustices ? Cette réalité démontre, elle aussi, que la surexploitation est dénuée de sens.

  Basculement dans l’absurdité de la réalité

  Au début de ma carrière professionnelle, alors que je ne savais pas tout à fait quoi faire, j’ai choisi le métier de commerciale dans le commerce agroalimentaire de gros. Ce travail est ce qui m’a ouvert les yeux sur l’absurdité de l’hyperconsommation des denrées alimentaires de notre planète.

  Consommer ce qui provient de l’autre bout du monde est une absurdité parmi d’autres dans notre système. Combien cela coûte-t-il à la planète (et par conséquent à nous tous) en termes de pollution de l’air et des mers ? Combien de lieux de vie détruits pour produire plus ? Combien gagnent là-bas les producteurs et ici les vendeurs en comparaison avec leurs conditions et leur temps de travail respectifs ? J’ai finalement quitté ce milieu pour un autre, celui de l’art et de la culture, plus enclin à traiter les questionnements qui me travaillaient concernant les injonctions que nous subissons tous les jours (gagner de l’argent, consommer, être heureux, entre autres), ce qui nous entoure (la nature et les animaux) et l’importance de nos besoins élémentaires (respirer, se nourrir, boire, dormir).

L’auteure prend un bol d’air pur.

  Réinventer sa consommation et sa qualité de vie

  Dès lors, le vélo est devenu mon mode de déplacement favori pour le travail, pour les courses et pour le loisir. J’ai pris des initiatives telles que faire des achats avant tout dans les friperies ainsi que donner les vêtements que je n’utilise plus afin de limiter ma consommation de produits neufs sortis des grands magasins tels que H&M et ainsi apporter mon soutien à la récupération et à la réutilisation des produits textiles. L’aménagement d’un petit potager dans ma cuisine me permet également d’éviter quelques achats, d’apporter un peu de verdure et parfois, d’observer quelques abeilles dans un appartement entouré d’immeubles gris. Une autre initiative s’est avérée utile : la récupération dans la rue même d’objets voire de vêtements en très bons états. Les nombreux livres, vêtements et objets d’intérieur trouvés ainsi témoignent cruellement de l’excès de consommation dont notre société est malade. Limiter ma consommation en grande surface m’a demandé du temps et de l’organisation. Au marché, nous pouvons observer les différentes méthodes appliquées pour réduire sa consommation de plastique, le gaspillage et par la même occasion ses dépenses. Certains réutilisent leurs propres sacs en papier ou sacs plastiques. D’autres récupèrent les aliments en fin de marché, sur le point d’être jetés à cause de leur taille ou parce qu’ils sont un peu trop mûrs. Ces petits changements d’habitudes ont évidemment été difficiles, car il est bien plus pratique et rapide de se déplacer en taxi, de faire ses achats en bas de chez soi ou de se faire livrer à domicile. Mais ce sont ces petits changements qui permettent à la fois de vivre à moindres frais sans pour autant réduire sa qualité de vie, mais aussi de favoriser le recyclage et ainsi contribuer à réduire notre empreinte carbone.

Le 2 septembre 2017, la braderie de Lille débute. C’est le plus grand marché aux puces d’Europe.

  Malgré tout, faire attention à sa consommation ne suffit pas. Nous avons tous besoin de sentir autre chose que des pots d’échappement, d’écouter autre chose que des klaxons et d’observer autre chose que des immeubles à longueur de journée. Se « déconnecter » régulièrement est, il me semble, aujourd’hui une nécessité si l’on veut garder une bonne santé mentale en tant que citadin. Pour m’échapper de la ville, je m’éloigne en vélo une journée ou plus longtemps, ou je m’en vais marcher en montagne.

  D’autres initiatives plus militantes existent pour lutter par exemple contre le gaspillage alimentaire des grandes surfaces en France, en Allemagne ou en Espagne. C’est le cas de la récupération en groupe d’aliments encore bons à manger dans les poubelles des supermarchés, qui sont ensuite partagés lors de repas collectifs. Une autre initiative constitue un changement de vie radical et une réduction considérable de son empreinte carbone sur l’environnement. Il s’agit de la vie en tiny house (petite maison transportable sur un plateau remorque) d’environ 20 m2. Ces maisons peuvent être entièrement autonomes et construites avec des matériaux français et de récupération, si tel est votre choix. Il existe différentes façons d’être autonome en eau et en électricité auxquelles on ne pense pas forcément pour une petite maison : filtration de l’eau de pluie, système d’assainissement des eaux grises, panneaux solaires, micro éolienne, etc. Finalement, questionner nos habitudes de vie et de consommation ainsi que leurs impacts sur la planète est le premier pas vers le développement d’une conscience écologique et le changement de nos habitudes.

 

  CAROLINE BODY • manager culturelle

Numéro 3 septembre 2020
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