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Ma vie parisienne « made in China »
By Sara Rolet | Dialogue Chine-France | Updated: 2020-11-06 10:42:00

Sara Rolet

   Je m’appelle Sara, j’ai 21 ans. Depuis ma naissance, je vis à Paris et dans sa proche banlieue. C’est un peu mon monde. J’ai voyagé seule ou avec des amis, mais je ne suis jamais allée en Chine.

  Fraîchement diplômée d’un bachelor en marketing et communication, j’ai décidé, en cette année si particulière, de faire une césure de douze mois. En d’autres termes, de rompre avec le quotidien des études. Mon objectif pendant cette coupure : réfléchir sur mon orientation professionnelle et travailler. C’est important de se confronter au monde de l’emploi quand on est encore jeune. J’ai déjà eu des expériences, parmi lesquelles un travail aux Bahamas. C’est dire que pour ma génération, le monde nous semble petit. C’est un paradoxe, car quand on prend les transports, tout nous semble plus long, plus grand, plus loin.

  Depuis toujours, je vis à Paris. Et c’est amusant de voir que tout ce qui m’entoure dans mon quotidien ne vient pas de France, mais bien du monde et surtout de Chine. Au moment de rédiger cet article, j’ai d’abord eu une drôle de réaction : je ne savais pas très bien ce que j’allais pouvoir dire ou écrire, mais en observant mon quotidien avec attention, j’ai pris conscience de l’importance des échanges commerciaux entre la Chine et la France.

  Alors, je vous propose que nous y jetions un coup d’œil ensemble.

  Un réveil chinois

  Ces quelques lignes, je les ai écrites dans l’application « Notes » de mon smartphone Xiaomi, que j’ai pu acheter pour un prix plus que concurrentiel. Il a tout pour lui : l’esthétisme, la qualité photo, une batterie qui tient la route... la seule différence avec son concurrent américain (que je ne nommerai pas), c’est bien son prix ! Pour mon plus grand bonheur, je suis connectée grâce à un téléphone de marque chinoise.

  Vous voyez, ce seul petit appareil qui m’accompagne partout est un produit chinois et je n’y pense pas un seul instant. Alors, continuons un peu et découvrons l’omniprésence des produits chinois dans la vie parisienne.

  Le matin, je suis réveillée par mon smartphone chinois, je me fais couler un café avec une machine expresso « made in China », puis je m’assois sur mon canapé, je vous le donne en mille… fabriqué en Chine également ! Il est confortable et robuste ; il a résisté à de nombreuses soirées entre amis. Poursuivons ma journée. Avant de partir, douche et habillement. Mes vêtements ? En grande partie « made in China ».

  Certains ont tendance à dire que nous sommes assaillis de produits américains ou à nous faire croire cela, mais finalement, je m’aperçois qu’il s’agit plus d’une « illusion des marques » que d’un fait avéré. En d’autres termes, c’est de la communication. En réalité, c’est avec la Chine que nous échangeons. C’est fou… j’en prends seulement conscience en écrivant cet article. Pourtant, au cours de mes études en marketing, je n’ai reçu pour modèles que des communications de produits américains, alors que nous devrions sans doute nous poser la question de l’origine des produits de notre quotidien.

Les restaurants français utilisent souvent des verres à vin fabriqués en Chine.

  Boulot et passions

  Je continue le fil de ma journée : direction le travail avec mon vélo flambant neuf de fabrication chinoise. Actuellement, j’occupe un poste de serveuse sur une péniche en bord de Seine : le Reef Club. C’est un lieu assez branché, où l’on organise des soirées, des fêtes d’entreprises… et son restaurant est très bien noté. Tout y est bien calibré. Mais vous savez quoi ? Vous l’aurez deviné, la majorité des verres, des assiettes, et des couverts, etc., sont fabriqués en Chine. Évidemment, c’est une véritable aubaine pour les restaurants qui peuvent acheter en grande quantité des objets de qualité à des prix compétitifs ! Bref, cela ne coûte pas cher du tout.

  Arrivée au travail, j’enfile mon uniforme. Un polo bleu marine à manches courtes, une casquette et une doudoune sans manches pour les mauvais jours, le tout siglé « Reef Club ». Bien entendu, tout est « made in China ». Et ces tenues professionnelles sont de bonne qualité, nous y sommes bien.

  À côté du boulot, j’ai eu les cours, et j’ai aussi des passions, naturellement. Encore une fois, ma guitare, mon ordinateur, mes crayons, mes pastels, mes peintures et mes toiles sont fabriqués en Chine. Je dois l’admettre, ce qui me frappe au sujet de ces produits et objets, c’est le prix. On pourrait croire qu’acheter américain est un gage de qualité parce que bien plus cher, or il n’en est rien. J’aime à penser que ces échanges entre la Chine et la France sont indispensables pour le Français moyen comme moi. Cette présence discrète fait que nous les oublions. En bref, le « made in China » autour de moi, c’est un cadeau. En regardant d’un peu plus près, la grande majorité des objets que je possède ou que j’utilise au quotidien viennent de ce pays, et je ne pense pas pouvoir faire sans.

 

  Sara Rolet • bachelor en marketing et communication

Numéro 4 octobre 2020
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