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Des produits français toujours à mes côtés
By LIU SUQIAO | Dialogue Chine-France | Updated: 2020-11-06 10:52:00

Les produits français sont très prisés sur le marché chinois.

   De 2001 à 2003, ma mère a enseigné le chinois à l’université Paris Diderot (Paris 7) deux ans d’affilée. En ce temps-là, pour moi comme pour le reste de ma famille, la France était à nos yeux un pays lointain et mystérieux. Enfant, j’étais très curieuse de la vie que menait ma mère dans cet « Hexagone ». Et chaque fois, je mourrais d’impatience qu’elle revienne passer ses congés en Chine, les bras chargés de toutes sortes de bibelots que je n’avais jamais vus auparavant dans mon pays. Je me souviens encore des bouteilles de vin et des flacons de parfum que ma mère rapportait à la maison, tous ces « biens importés » qui étaient considérés comme très « précieux ». À l’époque, il était encore extrêmement difficile pour la plupart des gens de se procurer ces deux « spécialités françaises » mondialement connues.

  Dix années plus tard, en 2013, le destin certainement a fait que j’ai choisi le français comme matière principale à l’université, avant de partir en France pour y poursuivre mes études. Outre la cuisine du pays et les beaux paysages qu’il réserve, j’ai découvert de plus en plus de produits locaux français utiles, par exemple, les cosméceutiques, à la croisée entre cosmétiques et pharmaceutiques. Les cosméceutiques français sont réputés pour leurs ingrédients naturels, leurs propriétés peu agressives ainsi que pour leur prix bon marché, et sont donc populaires auprès des jeunes. Par conséquent, chaque fois que je revenais en Chine au moment des vacances, je devais impérativement rapporter à mes amis chinois ces produits cosméceutiques qu’ils chérissent tant, mais qu’ils peinaient à acheter directement en Chine. C’était une mission à laquelle je ne pouvais pas me dérober !

  À présent, nous sommes déjà en 2020 et voilà quatre ans que je suis rentrée en Chine. Comme la coopération et les échanges économiques et commerciaux entre la Chine et la France n’ont cessé de se développer ces dernières années, de plus en plus de produits français sont désormais familiers du peuple chinois, voire bien présents dans leur vie de tous les jours. Prenons l’exemple des articles d’usage quotidien que nous venons de mentionner. À l’heure actuelle, nombre de célèbres marques françaises de produits de beauté et de soins, telles que L’Oréal, Lancôme ou Bioderma, ont implanté des boutiques en Chine. Par ailleurs, avec l’essor des plateformes de commerce électronique ces récentes années, il n’est plus nécessaire de « passer commande » auprès de ses amis à l’étranger : on peut acheter en quelques clics une variété de produits français, notamment de la nourriture, des biens de première nécessité, des vêtements, des sacs, etc.

  Moi-même, je fais souvent des emplettes en ligne, pour acheter en particulier les soins quotidiens pour visage et corps que j’avais l’habitude d’utiliser quand je vivais en France. Par exemple, la semaine dernière, depuis mon téléphone portable, j’ai ouvert l’application « VIPS » sous la rubrique « International ». (Notez qu’il existe des plateformes similaires, comme JD.COM International et Tmall International du groupe d’Alibaba). Après quelques recherches, j’ai trouvé ce que je cherchais : Bioderma démaquillant. Puis, j’ai cliqué sur « Commander ». Trois jours plus tard, le colis était déposé devant ma porte. Dans l’emballage, un flacon grand format de Bioderma arrivant tout droit de France ! Si l’on jette un œil à la bouteille, on peut voir qu’un label anti-contrefaçon y est apposé. Les consommateurs peuvent scanner le code QR pour vérifier l’authenticité de la marchandise. De l’achat à la livraison, tout le processus est aujourd’hui pratique, rapide et sûr. Ces biens étrangers qui étaient autrefois hors de portée des consommateurs chinois arrivent désormais directement devant chez eux.

Le magasin Decathlon de Wuhan, le 6 juillet 2019

  La coopération commerciale croissante entre la France et la Chine se reflète non seulement à travers les plateformes de commerce en ligne, mais aussi dans le secteur de la vente au détail dit « hors ligne », dont le développement a commencé il y a bien plus longtemps. Carrefour, a été l’un des premiers supermarchés étrangers à pénétrer le marché chinois, avec une implantation dans la partie continentale de Chine dès 1995. Au cours des années qui ont suivi, son modèle de gestion digne d’un leader international, ses produits bon marché ainsi que son concept de guichet unique ont été loués et approuvés par les consommateurs chinois. En 2004, Carrefour a été classé par les médias chinois au palmarès des entreprises les plus influentes sur le territoire national. Dans les grandes villes chinoises, Carrefour a toujours été synonyme de « grand supermarché », jouissant d’une influence de marque non négligeable parmi le grand public. Bien que son chiffre d’affaires enregistré dans les magasins en dur ait diminué cette année en raison du COVID-19, Carrefour reste toujours très présent dans l’esprit des Chinois.

  Une autre enseigne française, arrivée plus récemment sur le marché chinois mais qui y a connu une croissance soutenue depuis lors : Decathlon. En tant que détaillant professionnel d’articles de sport, son image de marque s’inscrit dans la lignée du concept de vie saine prôné par la population aujourd’hui. Grâce au bon rapport qualité-prix de ses produits et à ses services professionnels, il a rapidement acquis une popularité grandissante auprès de mes compatriotes. Depuis son entrée sur le marché chinois en 2003, Decathlon a étendu ses activités à 46 villes, avec l’ouverture de 178 magasins dans le pays. En décembre 2018, le groupe a été cité parmi les « 500 meilleures marques mondiales 2018 » par la société de conseil World Brand Lab ; en septembre 2019, sur la liste des 100 plus grandes entreprises de vente au détail chinoises en 2018 qui a été publiée, Decathlon (Chine) apparaissait en 66e position, avec un volume des ventes estimé à 10 835 millions de yuans.

  En conclusion, en dressant le bilan de ses 20 dernières années, l’on peut dire que grâce à l’accroissement de la coopération et des échanges économiques et commerciaux entre la Chine et la France, nous sommes passés de l’ignorance totale des produits français à la possibilité de les réceptionner, sans même avoir à sortir. Espérons que dans un avenir très proche, les interactions et collaborations entre les deux pays progresseront encore, et que davantage de marchandises françaises seront disponibles en Chine et vice versa, histoire de teinter nos vies d’un soupçon d’exotisme étranger.

 

  LIU SUQIAO • rédactrice indépendante

Numéro 4 octobre 2020
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