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Promouvoir la coopération sino-française en Afrique
By Zhang Fei et Li Hongtao | Dialogue Chine-France | Updated: 2020-12-08 09:43:00

Le 30 juin 2015, le premier ministre chinois Li Keqiang s’entretient avec son homologue français Emmanuel Valls à Paris, avant de publier une déclaration conjointe sur la coopération en marché tiers et sur la coopération nucléaire sino-française.   

  Avec le développement de l’initiative « la Ceinture et la Route », la coopération économique et commerciale entre la Chine et les pays riverains de « la Ceinture et la Route » n’a cessé de s’approfondir, de nombreux projets de coopération internationale en matière de capacités de production ont démarré, créant de nouvelles occasions pour les entreprises chinoises et étrangères de se développer et de coopérer sur les marchés tiers. Dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route », la Chine et la France, développant des échanges et coopérations dans divers domaines, sont des pionniers du partenariat en marchés tiers.

  L’Afrique, premier choix de la collaboration sino-française en marchés tiers

  Depuis la crise financière de 2008, l’économie mondiale se trouve toujours dans une phase de réajustement profond et fait face à de nombreux défis. Pour soutenir la croissance inclusive de l’économie mondiale, il est nécessaire de renforcer la coopération entre les différents pays à travers des modes de coopération multilatérale innovants. L’initiative « la Ceinture et la Route » lancée en 2013 offre ainsi une plateforme pour la coopération internationale.

  La coopération en marchés tiers est un nouveau mode de coopération économique proposé par la Chine dans le cadre de « la Ceinture et la Route ». Portées par l’esprit de coopération pacifique, d’ouverture, d’inclusivité, de complémentarité et de bénéfices mutuels, et fondées sur les particularités et les besoins concrets des différents projets, les entreprises chinoises collaborent avec des entreprises étrangères pour élaborer les plans de mise en œuvre de projets dans les pays tiers. La complémentarité des atouts propres aux entreprises chinoises et aux entreprises étrangères facilite un déroulement du projet plus efficace, car la collaboration sert à combiner la capacité de production supérieure de la Chine avec les techniques de pointe des pays développés afin de répondre aux besoins de développement des pays en développement. La coopération fondée sur les atouts complémentaires et les bénéfices mutuels contribue à promouvoir conjointement le développement des industries, l’amélioration des infrastructures et du bien-être de la population des pays tiers.

  La France et l’Afrique ont des liens historiques et culturels étroits, la Chine et l’Afrique ont également une longue histoire d’échanges et de coopération. Un volume important des énergies et des ressources naturelles de la France et de la Chine provient du continent africain, qui est également un marché d’exportation de premier plan de biens et services pour les deux pays. En outre, l’Afrique constitue la clé pour tisser un réseau reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique dans le cadre de « la Ceinture et la Route ». Une bonne gestion des relations, entre coopération et concurrence, est primordiale pour le développement du partenariat sino-français. En tant qu’actrices principales de la coopération commerciale et industrielle en pays tiers, les entreprises chinoises et françaises pourront mettre en valeur leurs avantages respectifs sur le plan technique, des ressources et de la gestion en se complétant. Elles pourront aussi participer conjointement à l’appel d’offres et à la mise en œuvre de projets de construction, afin de parvenir à une coopération gagnant-gagnant.

Le 16 septembre 2017, le président français Emmanuel Macron rencontre des représentants chinois de la Conférence de Paris du Forum de Bo’ao pour l’Asie au palais de l’Elysée à Paris, et réitère son soutien à « la Ceinture et la Route ».

  Le partenariat sino-français en Afrique engrange des résultats marquants

  Lors de la visite du premier ministre Li Keqiang en juin 2015, la Chine et la France ont publié la Déclaration conjointe sur les partenariats franco-chinois en marchés tiers. Fin 2019, la Chine avait déjà signé le document de partenariat en marchés tiers avec 14 pays, dont la France, le Japon, l’Italie, le Royaume-Uni, la Belgique et les Émirats arabes unis. La Chine et ses partenaires ont créé des plateformes de coopération et fourni des services publics aux entreprises par l’intermédiaire de forums, entre autres, ce qui jette une base solide pour promouvoir la coopération internationale en matière de capacités de production.

  La France est l’un des premiers pays développés à collaborer avec la Chine en marchés tiers. En 2013, l’initiative « la Ceinture et la Route » fraîchement lancée a été soutenue par l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. En janvier 2015, Manuel Valls, alors premier ministre, a effectué une visite officielle en Chine et exprimé la volonté de coopération de la France dans les secteurs des énergies et des transports dans le cadre de « la Ceinture et la Route ». Après la signature de la déclaration conjointe, la Chine et la France ont développé des échanges dans divers domaines : entre 2015 et 2019, les deux pays ont conclu plusieurs accords de coopération en marchés tiers en Asie et en Afrique, dans les domaines des infrastructures, des énergies, des transports et de l’aviation. Fin 2018, de 6 à 8 projets de coopération sino-française ont été mis en œuvre en marchés tiers, dont la plupart dans les pays francophones d’Afrique. Lors du deuxième Forum « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale en avril 2019, la Chine et la France ont convenu d’une dizaine de projets de coopération en marchés tiers.

  La coopération sino-française en marchés tiers a déjà porté des fruits. En septembre 2015, China Harbour Engineering Co (CHEC) et ses partenaires français, à savoir le groupe Bolloré et le groupe CMA CGM, formant un consortium, ont remporté une concession de 25 ans pour le terminal à conteneurs du port en eaux profondes de Kribi (au Cameroun), qui est devenu opérationnel le 2 mars 2018. Ce projet de coopération a mis en valeur les expertises de China Harbour en matière de construction portuaire, du groupe Bolloré en matière de gestion portuaire et de logistique maritime et terrestre, et du groupe CMA CGM en matière de transport maritime international. Il fournit un port pratique aux pays enclavés de l’Afrique centrale, facilite la circulation des biens et services et des personnes, sans compter qu’il favorise l’intégration de l’économie régionale. De plus, Schneider Electric et China National Building Materials Group ont noué une collaboration étroite et plusieurs projets de coopération entre les deux parties sont en cours.

  Cette coopération sino-française en marchés tiers fructueuse a créé beaucoup d’opportunités sur le marché. Cependant, en tant que nouveau mode de coopération, elle amène aussi beaucoup de problèmes et défis.

  Un mécanisme de coopération qui doit encore s’améliorer

  Les projets de coopération en marchés tiers entre la Chine et la France concernent de nombreux domaines et comportent de nombreuses incertitudes : le rôle, la contribution, les attentes des deux pays et la répartition des bénéfices entre eux varient d’un projet à l’autre, ce qui rend la coordination plus difficile.

  D’autres problèmes sont à signaler dans la coopération sino-française en marchés tiers : la divergence des lois et des systèmes entre les deux pays en matière de fiscalité, de commerce, de financement, de douane et de travail entraîne l’augmentation des coûts, la perte d’efficacité et l’aggravation des risques pour les entreprises. Prenons un exemple : la France limite strictement l’importation de main-d’œuvre étrangère à l’heure actuelle, mais la construction de certains projets de coopération nécessite l’introduction de travailleurs chinois qualifiés ayant une riche expérience. En outre, les types et le nombre de travailleurs qualifiés requis sont susceptibles de varier à différents stades. Une politique de visa flexible pour les travailleurs qualifiés est ainsi très importante pour un meilleur déroulement des projets.

  Actuellement, le partenariat en marchés tiers se développe de manière accélérée, il est nécessaire d’améliorer le mécanisme de coopération afin d’offrir davantage de services aux coopérations triparties et aux entreprises multilatérales. Pour ce faire, il est conseillé de mettre en place des plateformes de négociation et des mécanismes de règlement des différends au niveau gouvernemental. La Chine, la France et les pays tiers doivent renforcer les échanges et les coopérations en matière de loi, de fiscalité, de diplomatie et de visa, en vue de créer un environnement international favorable à la coopération en marchés tiers.

 

  Zhang Fei et Li Hongtao • chercheurs adjoints à l’Académie du commerce international et de la coopération au sein du ministère du Commerce de la Chine

Numéro 5 novembre 2020
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