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Protéger la biodiversité et construire un avenir commun pour toutes les formes de vie
By CUI SHUHONG | Dialogue Chine-France | Updated: 2021-10-08 09:15:00
Une exposition photo sur la biodiversité du Yunnan, à Kunming, le 21 mai 2021 

 

Au fil de sa longue histoire, la civilisation chinoise a accumulé une riche sagesse écologique. Il y a 2 000 ans, l’œuvre Yi Zhou Shu indiquait déjà « l’interdiction de couper les arbres au printemps et de pêcher les poissons en été pour leur développement naturel », préconisant à chacun d’utiliser les ressources naturelles sans bouleverser le cycle de vie des créatures, afin de garantir la durabilité de « mère Nature » et ses bénéficiaires. De la pensée traditionnelle taoïste considérant l’homme comme une partie d’un tout, au nouveau concept de développement prônant l’innovation, la coordination, l’écologisation, l’ouverture et le partage, la Chine intègre la protection de la biodiversité dans tout son développement socio-économique, en s’efforçant de façonner un monde moderne marqué par la coexistence entre l’homme et la nature.  

Le 6 novembre 2019, le président chinois Xi Jinping et son homologue français Emmanuel Macron ont co-publié l’Appel de Beijing sur la conservation de la biodiversité et le changement climatique, afin de promouvoir la coopération internationale dans ce domaine au plus haut niveau. En octobre 2021, la première phase de la 15e Conférence des Parties (COP15) à la Convention sur la diversité biologique se tiendra à Kunming. Dans ce cadre, la Chine continuera à défendre son concept de communauté de destin pour l’humanité, en travaillant avec toutes les parties pour ouvrir demain un nouveau chapitre sur la conservation de la biodiversité.
 
Des bons résultats 
 
La Chine, l’un des pays aux écosystèmes les plus variés, remplit soigneusement ses obligations internationales quant à la conservation de la biodiversité, en prenant comme directives fondamentales et plans d’action les réflexions de Xi Jinping sur la civilisation écologique. Le pays a enrichi son expérience en la matière, en signant de belles réalisations.  
1. L’intégration de la biodiversité ne cesse de s’approfondir. La Chine a publié le Plan global pour la réforme du système de civilisation écologique, inscrivant dans sa stratégie nationale la biodiversité, volet important de la construction de la civilisation écologique. En outre, la Commission nationale pour la conservation de la biodiversité de Chine, composée de 23 départements du Conseil des affaires d’État sous la direction d’un vice-premier ministre, a été créée. La Stratégie et plan d’action chinois pour la conservation de la biodiversité (2011-2030), dans la lignée de la Décennie des Nations Unies pour la biodiversité en Chine (2011-2020), a aussi été élaborée et mise en application. La préservation de la biodiversité a pas à pas été intégrée avec succès dans divers plans et programmes nationaux. Par exemple, le XIVe Plan quinquennal, qui définit des objectifs de développement économique et social pour 2021-2025, ainsi que des objectifs de long terme à l’horizon 2035, prévoit le déploiement de grands projets en ce sens et la création d’un réseau de conservation de la biodiversité comme tâches majeures pour améliorer la qualité et la stabilité des écosystèmes, ce qui a porté ses fruits.  
2. La protection de la biodiversité ne cesse de progresser. Rien qu’en 2017-2018, la Chine a investi 260 milliards de yuans dans des projets en faveur de la biodiversité, soit six fois qu’en 2008. Le gouvernement chinois a eu l’idée de tracer une ligne rouge écologique autour des zones clés qui recèlent des espèces et écosystèmes à préserver à tout prix. Et la surface cumulée de ces zones ne doit pas être inférieure à 25 % du territoire national. La Chine est le pays du monde où les ressources forestières augmentent le plus : elle a d’ailleurs contribué pour un quart à l’extension de la superficie forestière mondiale. Ces dix dernières années, 260 millions de mu (1 mu = 1/15 ha) de zones à la fonction écologique importante (forêts, prairies, zones humides, rivières et lacs) ont gagné du terrain. La construction écologique a donc enregistré des bons résultats. Depuis janvier, un plan décennal interdisant de pêcher dans les eaux clés du bassin du Yangtsé est entré en vigueur et les pêcheurs « mis à la retraite » ont été indemnisés.  
3. La protection de la biodiversité et la réduction de la pauvreté se sont développées de concert. Ces deux tâches ont été combinées et rattachées aux objectifs de développement durable. Il convient d’atteindre, par diverses méthodes (promotion des ressources biologiques, développement d’industries écologiques, coopération et co-création d’entreprises, systèmes des coopératives, etc.), une situation gagnant-gagnant propice à la conservation de la biodiversité locale, à l’utilisation durable des ressources biologiques et au développement socio-économique. Par exemple, dans le district autonome tujia de Wufeng (Hubei), grâce au modèle combinant l’apiculture, la culture de plantes mellifères et la sauvegarde de la biodiversité, 3 500 ménages démunis ont pu sortir de la pauvreté, et le revenu moyen par foyer a dépassé les 5 000 yuans par mois. Cet exploit a été classé en 2019 en tête de liste des 110 meilleurs cas de lutte contre la pauvreté répertoriés au monde.  
4. Une atmosphère de participation commune s’est progressivement installée. Pour la protection de la biodiversité à long terme, la Chine a composé un modèle caractérisé par l’orientation du gouvernement, la responsabilité des entreprises et la participation du peuple. En 2015, la Chine a rejoint le Partenariat mondial sur les entreprises et la biodiversité. Aussi, 9 entreprises chinoises et 6 ONG et associations industrielles ont lancé la Déclaration sur les forêts, exhortant les entreprises concernées à prendre des engagements « zéro-déforestation » en ce qui concerne l’approvisionnement de la filière bois d’ici 2030. Les ONG environnementales jouent un rôle croissant dans la formulation de politiques sur la biodiversité, la divulgation d’informations et les litiges d’intérêt public, mais le public demeure le groupe le plus activement impliqué pour la biodiversité. Depuis le lancement de l’œuvre « Un mètre carré chacun : protégeons la Réserve naturelle de Sanjiangyuan » en avril 2020, le nombre de participants a dépassé les 100 millions, et les dons ont atteint l’équivalent de 130 millions de mètres carrés.
 

 

Huit bébés tigres de Chine méridionale dans la nurserie du zoo de Nanchang, le 17 juin 2021 

 

Renforcer encore la coopération internationale

 

Fervent pays défenseur du multilatéralisme, la Chine mène une coopération internationale active eu égard à la conservation de la biodiversité. La COP15 sera une occasion historique de s’entretenir avec toutes les parties pour dégager des consensus, à dessein de forger un système de gouvernance mondiale de la biodiversité plus juste et raisonnable.  
1. Mettre en œuvre la Convention sur la diversité biologique. La Chine a pris l’initiative de ratifier la Convention sur la diversité biologique (CDB) et de contribuer au Protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques et au Protocole de Nagoya en soutenant leur conclusion et leur entrée en vigueur. Elle a remis à temps des rapports nationaux de haute qualité sur l’application de la CDB et des protocoles afférents. Le pays s’est aussi engagé à atteindre les Objectifs d’Aichi adoptés par les parties à la COP10 en 2010 et a bien progressé. La Chine accueillera la COP15 qui se tiendra en deux phases : l’une cette année ; l’autre l’an prochain. Elle discutera avec toutes les parties du nouveau modèle de gouvernance internationale de la biodiversité post-2020, dans l’espoir que la gouvernance environnementale mondiale atteigne un nouveau palier.  
2. Établir un vaste mécanisme de coopération et d’échanges bilatéraux et multilatéraux. Sous l’initiative de partenaires chinois et étrangers, l’Alliance internationale pour le développement vert dans le cadre de « la Ceinture et la Route » a été établie, et une plateforme connexe de Big Data au service de l’écologie et de la protection environnementale a fini par voir le jour. Rassemblant des données liées à la biodiversité d’une centaine de pays, cet outil facilite la prise de décision pour le développement vert le long de « la Ceinture et la Route ». La Chine a mis en œuvre le programme « Envoyé de la Route de la soie verte », afin d’aider les pays en développement à renforcer leurs capacités de protection environnementale. En outre, le pays a établi des mécanismes de coopération bilatérale dans les domaines de la biodiversité et des services écosystémiques, du changement climatique et de la biosécurité, avec la France, l’Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni et l’Afrique du Sud. Elle tient aussi des dialogues tripartites sur les politiques relatives à la biodiversité avec le Japon et la République de Corée, dans le cadre du mécanisme de coopération Chine-Japon-République de Corée pour l’environnement. La biodiversité est un sujet essentiel dans la coopération environnementale Chine-ASEAN, Lancang-Mékong, Chine-Afrique et autres, donnant lieu à des échanges approfondis sur la conservation de la biodiversité, l’accès aux ressources génétiques et le partage des bénéfices.  
3. Approfondir la coopération Sud-Sud. Dans le cadre de la coopération Sud-Sud, le gouvernement chinois soutient, dans la mesure de ses capacités, les pays en développement dans leur démarche de protection de la biodiversité. Une série de projets et d’activités en ce sens ont été entrepris en faveur de l’économie verte et de l’application des conventions internationales sur l’environnement, au profit de plus de 80 pays. En Asie, la Chine organise périodiquement des tables rondes dans le cadre de la coopération environnementale Lancang-Mékong, qui traitent de questions telles que la gestion des écosystèmes, la construction d’infrastructures durables et la conservation de la biodiversité ; et un éventail de projets comme le « Plan de coopération pour la biodiversité et la protection écologique » ont été exécutés en coopération avec des pays de l’ASEAN. En Afrique, la Chine voit la protection écologique comme le principal domaine de coopération. Ce faisant, elle prend des mesures pour lancer des projets en faveur de la biodiversité dans les pays concernés, ainsi que fournir du matériel utile, initier des formations et renforcer les capacités de ces pays sur les thèmes connexes.
  
Nouveau processus de gouvernance mondiale de la biodiversité

 

Le rapport Perspectives mondiales de la diversité biologique 5 (GBO-5) avertit de nouveau que, malgré les progrès accomplis dans certains domaines, la tendance globale au déclin de la biodiversité mondiale n’a pas été inversée. Ce rapport appelle donc la communauté internationale à travailler ensemble pour repenser la conservation et l’exploitation de la biodiversité. Vu la perte sévère de biodiversité, l’humanité doit se tenir prête à ce nouveau point de départ historique. À l’occasion de la COP15, les pays feront le point sur le travail mondial effectué ces dix dernières années pour la conservation de la biodiversité. Puis sur cette base, ils formuleront le cadre mondial de la biodiversité pour l’après 2020 (ci-après, le « Cadre »), définissant les objectifs mondiaux de conservation de la biodiversité pour les dix prochaines années et les garanties nécessaires à leur réalisation.  
1. Renforcer la planification à un haut niveau et y intégrer la notion de biodiversité. Il faut inscrire la conservation de la biodiversité comme priorité dans l’agenda du gouvernement. Des politiques et plans concrets doivent être formulés pour assurer la transition vers un développement coordonné entre protection de la biodiversité et progrès socio-économique. Des mesures seront prises pour protéger les espaces écologiques, en contrôlant strictement leur exploitation et en atténuant l’impact de l’utilisation des terres sur la biodiversité. Afin de préserver et restaurer l’authenticité et l’intégrité des écosystèmes, il y a lieu de développer des industries durables (agriculture, sylviculture et pêche, notamment), tout en sauvegardant davantage les espèces marines.
2. Accélérer la construction d’un système économique axé sur le développement vert. Aux fins de la protection écologique, il faut encourager la reprise verte en optimisant nos systèmes de production et consommation pour passer à un développement circulaire et bas carbone. Les capacités de protection et de supervision de la biodiversité doivent être globalement améliorées, en vue d’une utilisation des ressources animales et végétales sauvages hautement contrôlée. Il faut élargir la sensibilisation et la participation de tous les secteurs de la société (entreprises, institutions financières, groupes sociaux, etc.) à la protection de la biodiversité, pour créer une synergie autour de cette cause.  
3. Accroître les échanges et la coopération avec les autres pays pour répondre ensemble aux défis écologiques mondiaux. Il convient de renforcer les discussions et la coopération bilatérales et multilatérales autour de la protection de la biodiversité, afin de mettre cette question au cœur des activités politiques et diplomatiques de haut niveau. Le Congrès mondial de la nature, la COP15 et la COP26 de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques sont autant de réunions au sommet et d’occasions politiques importantes qui sonnent comme une opportunité de renforcer la communication et de trouver des terrains d’entente par-delà les divergences.  
4. Parvenir à des consensus généraux pour promouvoir la réalisation du Cadre. Nous devons défendre le multilatéralisme et adhérer au principe des responsabilités communes mais différenciées. De là, il nous faut prendre des engagements proactifs pour la gouvernance mondiale de la biodiversité, en tenant compte des préoccupations des pays en développement concernant le financement, les technologies et le renforcement des capacités. La Chine, pays chargé de la présidence et de l’organisation de la COP15, assumera avec sérieux ses responsabilités et cherchera à négocier un Cadre à la fois ambitieux et pragmatique, en invitant toutes les parties à trouver des consensus et compromis fondés sur les principes d’équité, de transparence et d’engagement des parties. Son ambition : former un système de gouvernance mondiale de la biodiversité plus juste et raisonnable, et travailler avec la communauté internationale afin de construire un avenir commun pour toutes les formes de vie sur Terre.     

 

*CUI SHUHONG est directeur du Département de la protection écologique naturelle relevant du ministère chinois de l’Écologie et de l’Environnement.

 

 

 

 

 

 

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