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Le bel avenir de la coopération sino-française dans la biodiversité
By ZOU YUEYU | Dialogue Chine-France | Updated: 2021-10-08 10:04:00

  

Les rizières du site pittoresque de Matiwan aux couleurs de la COP15 à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, à Yiliang (Yunnan), le 25 août 2021 

L’amour de la nature est profondément ancré dans les gènes des Chinois et des Français. « Toutes les choses dans la nature sont produites par l’harmonie formée par le yin et le yang, et chacune est nourrie et cultivée en conséquence », affirme le penseur chinois Xun Zi, alors que Victor Hugo a écrit : « C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas. » Le patrimoine culturel des deux pays dans le domaine de la biodiversité a beaucoup en commun. Après des décennies d’approfondissement continu de la coopération environnementale sino-française, celle-ci s’est étendue du niveau central au niveau local, aux ONG, aux organisations sociales et aux entreprises.

  

La coopération entre dans un âge d’or

  

En 2012, la Chine a intégré l’édification d’une civilisation écologique dans le schéma général de développement national, mettant l’accent sur le fait qu’il fallait respecter la nature, se conformer à la nature et la protéger, et encourager un développement vert. La protection de la biodiversité s’inscrit dans ce schéma. Au cours de ces dix dernières années, la biodiversité est progressivement devenue le domaine le plus actif de la coopération environnementale entre la Chine et la France. De la diplomatie au sommet à la recherche, la coopération s’étend à tous les domaines et à tous les échelons.   
En novembre 2019, les chefs d’État chinois et français ont clairement indiqué dans l’Appel de Beijing qu’il fallait « travailler ensemble pour promouvoir une réponse globale efficace à la perte de biodiversité lors de la 15e Conférence des Parties (COP15) à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique et soutenir l’élaboration et la mise en œuvre d’un Cadre mondial de biodiversité post-2020 ambitieux et pragmatique », et qu’ils étaient désireux de « promouvoir conjointement la participation active des dirigeants politiques au plus haut niveau » à la COP15. Ils ont également plaidé en faveur de la conservation de la biodiversité pour parvenir à la vision d’une coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature d’ici 2050. C’est la première fois que la coopération entre les deux pays dans la biodiversité est officiellement inscrite à l’agenda du dialogue entre les dirigeants, ce qui revêt une signification majeure pour la coopération environnementale bilatérale.
 

   

La délégation chinoise et les négociateurs français partagent leur expérience sur la préparation des COP, en mai 2019. (PHOTO FOURNIE PAR ZOU YUEYU)   

Depuis lors, en juin et décembre 2020, MM. Xi et Macron ont eu de nombreuses conversations téléphoniques et évoqué la biodiversité. De même, les activités sino-françaises auxquelles ont participé le premier ministre Li Keqiang, le vice-premier ministre Han Zheng et le vice-président Wang Qishan ont porté sur ce sujet. Les deux parties ont souligné qu’elles adhéraient au multilatéralisme, qu’il fallait lutter ensemble contre le changement climatique, assurer le succès du Sommet « Une planète » en janvier 2021, de la COP15 et du 7e Congrès mondial de la nature, et promouvoir les grands programmes internationaux pour obtenir des résultats. Leurs fréquents échanges politiques de haut niveau ont envoyé un signal clair au reste du monde et insufflé une forte impulsion politique dans la gouvernance mondiale de la biodiversité.   
Afin de mettre en œuvre l’Appel de Beijing, les administrations concernées des deux parties ont mis en place un groupe de travail sur la biodiversité. Jusqu’à présent, quatre échanges au niveau ministériel ont eu lieu lors du 2e Forum de Paris sur la paix organisé par la France et de la Table ronde ministérielle pour la construction conjointe de la communauté de vie sur Terre organisée par la Chine, et des discussions ont été engagées avec la partie française pour résoudre les défis lancés à la biodiversité mondiale. Les deux parties ont aussi organisé quatre séminaires de négociateurs, échangé des points de vue approfondis sur les résultats attendus de la COP15, du Cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020, recherché des solutions pour promouvoir les négociations, et maintenu une communication et une coopération étroites.   
Les départements des Affaires étrangères, de l’Agriculture, du Commerce, et des Ressources naturelles des deux pays y participent, et la biodiversité a également été incluse dans les résultats politiques du 7e Dialogue économique et financier de haut niveau Chine-France en 2020, montrant les premières bases d’une influence de la coopération entre les deux pays dans le domaine de la biodiversité sur l’économie et la diplomatie notamment, et encourageant l’entrée de la biodiversité dans le débat public.   
Derrière le travail diplomatique intensif, la coopération spécifique entre les deux pays sur la biodiversité se poursuit également. L’efficacité des échanges dans les parcs nationaux, les lignes rouges de protection écologique, la mobilisation des ressources de la biodiversité et la sensibilisation du public ont été particulièrement remarquables. En se concentrant sur ces domaines, le ministère de l’Écologie et de l’Environnement de Chine et le ministère de la Transformation écologique et solidaire de France ont organisé des séminaires d’experts et des visites mutuelles pour échanger des expériences et partager des informations, et les résultats pertinents ont fourni des références utiles pour le système pilote de parcs nationaux chinois, l’aménagement du territoire et de l’espace en France et le processus de négociation de la Convention sur la biodiversité. La Chine et la France ont créé le Mois de l’environnement Chine-France en 2014, lancé l’Année sino-française de l’environnement en 2018 et poursuivi ces dernières années leur coopération à l’occasion du 22 mai, la Journée de la biodiversité, permettant la sensibilisation à la protection écologique et environnementale.
 

Photo de groupe de la délégation chinoise du ministère de l’Écologie et de l’Environnement devant le stand de l’Exposition sur la civilisation écologique de Chine lors du 2e Forum de Paris sur la paix, en novembre 2019. (PHOTO FOURNIE PAR ZOU YUEYU)  

 

Le potentiel énorme de la coopération

  

La coopération sino-française dans la biodiversité est pleine de vitalité. Sur la question clé de la voie à suivre pour le développement, la Chine et la France ont des vues similaires. Le président Xi a souligné dans son message de félicitations à l’occasion de l’Année sino-française de l’environnement que la prospérité écologique conduit à la prospérité de la civilisation, alors que le déclin de l’écologie conduit au déclin de la civilisation. La Chine est disposée à continuer de renforcer le dialogue et la coopération entre les deux parties dans les domaines de la protection de l’environnement écologique, du changement climatique et de la protection de la biodiversité, et de travailler main dans la main pour faire face aux défis environnementaux mondiaux. Le président Macron a déclaré que la lutte contre le changement climatique et la protection de l’environnement et de la biodiversité sont l’un des défis les plus importants auxquels l’humanité est confrontée, et c’est également l’élément central du partenariat stratégique global entre la France et la Chine. La Chine promeut avec vigueur l’édification d’une civilisation écologique et participe activement au processus de gouvernance multilatérale du climat, ce qui a jeté les bases solides de la coopération sino-française.   
Les discours des dirigeants des deux pays ont tracé un schéma de coopération pour l’avenir et envoyé un signal clair : l’un est de promouvoir la biodiversité au cœur des échanges entre les deux pays, l’autre est de souligner clairement que la coopération en matière de biodiversité entre les deux pays n’est pas une simple coopération bilatérale, mais qu’elle est l’orientation commune du cadre multilatéral. Enfin, la coopération en matière de biodiversité sera étroitement coordonnée avec le changement climatique et les questions environnementales plus larges.   
L’Appel de Beijing a également promu la coopération bilatérale dans la biodiversité. Les deux parties continueront d’encourager une participation politique de haut niveau, de mobiliser les protagonistes et d’encourager toutes les parties, y compris le secteur bancaire et privé, à déployer pleinement les ressources pour la biodiversité mondiale en se concentrant sur la réalisation et la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 pour atteindre les objectifs en la matière. La Chine et la France ont également des intérêts communs et une large marge pour les échanges dans l’utilisation de méthodes écosystémiques pour faire face aux défis de la biodiversité et du changement climatique, lutter contre les crimes environnementaux, améliorer le système de protection de l’espace naturel et le système d’aires naturelles protégées, et promouvoir la conservation et la restauration des écosystèmes marins. Les deux pays continueront d’enrichir la coopération sur cette voie et feront passer la coopération bilatérale à une étape nouvelle.
 

  

Le village de Xiayubeng, dans la préfecture autonome tibétaine de Diqing (Yunnan) et les Monts enneigés de Meili en arrière-plan  

 

Pour des « contributions sino-françaises » à la gouvernance environnementale mondiale

 

La Chine et la France sont parmi les premiers signataires de la Convention sur la biodiversité, et leurs contributions au fonds fiduciaire figurent parmi les cinq premières. Les deux pays sont en faveur de la protection de la biodiversité mondiale depuis longtemps, et le soutien et la contribution de la France à la conservation de la biodiversité en Chine ont été remarquables. 
Face à la crise écologique mondiale d’aujourd’hui, les deux pays sont dans un même bateau et s’entraident, soulignant la force importante du multilatéralisme. Il faut continuer à approfondir la coopération bilatérale, promouvoir les efforts mondiaux pour faire face au changement climatique et à la perte de biodiversité, accélérer la transition vers un développement vert, sobre en carbone et résilient au changement climatique, et apporter des « contributions Chine-France » à la gouvernance environnementale mondiale. C’est aussi l’objectif commun des équipes de protection de l’écologie et de l’environnement des deux pays.  

 

*ZOU YUEYU est chef de section adjoint de la Division de la biodiversité du Centre de coopération au ministère de l’Écologie et de l’Environnement. 

 

 

 
 

 

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